Maroc/Artisanat : Un centre royal d’apprentissage des jeunes pour la sauvegarde des métiers traditionnels

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Photo de famille des journalistes à l'issue de la visite du centre

Fes, 06 Jan (ACI) –  Le centre de formation dédié aux métiers de l’artisanat de Fes œuvre depuis plus d’une quinzaine d’années à l’insertion socio-professionnelle des jeunes en situation de précarité, à travers un modèle original fondé sur l’apprentissage pratique et la valorisation du patrimoine national, a-t-on appris lors d’une visite des lieux, le 24 décembre.

Créé à l’initiative du Roi Mohammed VI, ce centre est géré par une association en partenariat avec l’État, dans le cadre d’une convention tripartite impliquant plusieurs ministères, le centre a pour mission principale de qualifier des jeunes afin de faciliter leur accès à l’emploi ou à l’auto-entrepreneuriat.

La formation, entièrement gratuite, s’adresse en priorité à des jeunes ayant interrompu leur scolarité dès le cycle primaire, mais reste ouverte à des profils variés, y compris des diplômés de l’enseignement supérieur porteurs de projets professionnels.

Selon son directeur, M. Ahmed Aboujaafar, le centre adopte un mode de formation par apprentissage reposant à 80 % sur la pratique et 20 % sur la théorie. Les formations sont assurées directement par des artisans professionnels, issus notamment des médinas, qui transmettent leur savoir-faire au sein d’ateliers équipés mis à leur disposition.

Le centre forme chaque année entre 600 et 650 apprentis dans 25 métiers de l’artisanat, dont plusieurs sont menacés de disparition. Parmi eux figurent notamment le tissage traditionnel, la fabrication de tapis, la bijouterie traditionnelle et moderne, la couture et la broderie, la tapisserie, le plâtre sculpté, la poterie, la ferronnerie d’art, la dinanderie, le travail du cuivre, le tournage du bois, la reliure de livres ou encore la sellerie traditionnelle pour chevaux.

Les formations s’étalent sur une durée d’un à deux ans, selon la complexité du métier. À l’issue du cursus, les bénéficiaires reçoivent un diplôme reconnu par l’État. Un dispositif de suivi permet également d’évaluer l’insertion professionnelle des lauréats, avec un taux d’insertion estimé à près de 80 %, selon les responsables du centre.

En complément de la formation, le centre abrite une cellule d’accompagnement à l’emploi et à la création d’entreprise, en partenariat avec des structures spécialisées, ainsi que des organismes de micro-crédit destinés à soutenir les jeunes souhaitant lancer leur propre activité.

Ouvert à la coopération africaine, le centre réserve au moins 5 % de ses places à des jeunes issus d’autres pays du continent, conformément aux termes de la convention qui le lie à l’État.

Cette expérience pionnière au Maroc a déjà inspiré la création de centres similaires à Salé et à Marrakech, marquant une dynamique nationale en faveur de la formation par l’artisanat et de la préservation des métiers traditionnels. (ACI)