Fès, 08 Jan (ACI) – La médina de Fès demeure l’un des joyaux historiques majeurs du Maroc, incarnant une cité façonnée par les migrations, le savoir et des traditions sociales enracinées.
Cette richesse patrimoniale a été mise en lumière lors d’une visite guidée récemment effectuée par une délégation de journalistes africains.
Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1981, la médina de Fès est considérée comme la plus vaste au monde. Elle s’étend sur plus de 350 hectares et compte près de 9.500 ruelles formant un vaste labyrinthe entièrement piéton.
Son organisation urbaine repose sur des principes ancestraux, avec des activités collectives concentrées au centre, des quartiers d’habitation disposés en périphérie, le tout ceinturé par des remparts naturels et édifiés.
Chaque quartier constituait une entité autonome, dotée de cinq services essentiels notamment une mosquée de proximité, une fontaine, une école coranique, un four à pain et un hammam, traduisant une vie communautaire pensée pour répondre aux besoins quotidiens sans longs déplacements.
La visite a également permis de découvrir les codes sociaux et architecturaux propres à la médina, où la sobriété des façades contraste avec la richesse des intérieurs. Patios décorés, moucharabiehs et salons traditionnels illustrent une culture de l’accueil et de la discrétion, valeur centrale de la société fassie.
Fondée officiellement en 808 par Moulay Idriss, Fès, longtemps capitale intellectuelle du Royaume, s’est construite comme une ville d’accueil, marquée dès ses origines par l’arrivée successive de populations berbères, andalouses et kairouanaises. Cette diversité a façonné l’identité de la cité, souvent qualifiée de « ville des réfugiés », devenue au fil des siècles un carrefour culturel et spirituel majeur du Maghreb.
La médina abrite toujours l’université Al Quaraouiyine, fondée par des réfugiés venus de Kairouan, symbole du rôle central de Fès dans la transmission du savoir religieux et scientifique.
Au fil des ruelles, les traces de la présence historique des communautés juives et andalouses rappellent également une longue tradition de coexistence, faisant de Fès l’un des piliers politiques, spirituels et culturels de l’histoire marocaine, aux côtés de Marrakech. (ACI)





