Brazzaville, 06 NOV (ACI) – Les dirigeants réunis le 6 novembre dans la commune de Kintélé ont appelé à une mobilisation accrue des financements et au renforcement de la coopération internationale pour assurer la restauration et la préservation des forêts, à l’occasion du lancement de la Décennie des Nations unies pour l’afforestation et le reboisement (2027-2036).
Cet appel a été lancé lors d’une conférence de presse organisée en marge du lancement de cette initiative, qui coïncide avec la célébration de la 40e édition de la Journée nationale de l’arbre (Jna), en présence de plusieurs. A cette occasion, le président congolais, M. Denis Sassou-N’Guesso, a insisté sur la nécessité de passer à l’action et de mobiliser les financements nécessaires à la préservation des forêts.
Il a rappelé que près de 600 millions d’Africains restent privés d’électricité et dépendent du bois-énergie pour leurs besoins domestiques. Il a également souligné l’importance du développement de l’élevage pour réduire la pression exercée sur la faune sauvage.
Évoquant le Fonds bleu pour le bassin du Congo, initié par la République du Congo, M. Sassou-N’Guesso a appelé les partenaires économiques et financiers à concrétiser leurs engagements en faveur de cet instrument destiné à soutenir les économies engagées dans la protection des écosystèmes forestiers.

Il a, par ailleurs, invité les Congolais à poursuivre leur mobilisation aux côtés des autres peuples africains et de la communauté internationale.
Le président en exercice de l’Union africaine (Ua), également président du Burundi, M. Évariste Ndayishimiye, a appelé les États africains à traduire cet engagement en programmes nationaux assortis d’objectifs chiffrés, de mécanismes de suivi et de budgets dédiés.
Aussi, il a qualifié l’adoption de cette décennie de « victoire collective », insistant sur l’implication des jeunes, des femmes et des communautés locales.
De son côté, le président centrafricain, M. Faustin-Archange Touadéra, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la préservation des forêts, tout en plaidant pour un accompagnement financier international des efforts déployés par les États du bassin du Congo.
Le vice-président du Gabon a, pour sa part, dénoncé l’insuffisance des financements destinés aux pays du bassin du Congo, qui ne recevraient que 11 % des ressources internationales consacrées aux forêts tropicales, malgré leur contribution à la régulation du climat mondial. Il a préconisé le recours aux paiements fondés sur les résultats et aux mécanismes de valorisation des services environnementaux.
Pour sa part, le président de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Dr Khalilur Rahman, a salué le leadership du Congo dans la promotion de cette initiative. Il a souligné que sa réussite dépendrait de l’engagement des États, du soutien international, du recours aux nouvelles technologies et de la participation des communautés locales.
Il a également annoncé son intention de réunir les dirigeants mondiaux en 2027 à New York autour de cette décennie.
Abordant les causes de la déforestation en République démocratique du Congo (Rdc), le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a notamment évoqué l’agriculture itinérante sur brûlis et l’utilisation du bois-énergie.
Il a préconisé le développement de l’agroforesterie, la sédentarisation de l’agriculture, l’amélioration de l’accès à l’électricité ainsi que la création de plantations forestières à vocation énergétique, notamment dans le cadre du programme « La forêt, c’est nous ».
Prévue pour la période 2027-2036, la Décennie des Nations unies pour l’afforestation et le reboisement vise à accélérer la restauration du couvert forestier, à lutter contre la déforestation et à préserver la biodiversité au profit des générations présentes et futures. (ACI)

