Brazzaville, 28 Oct (ACI) – L’Ordre national des pharmaciens du Congo (Onpc) a contesté, le 27 octobre à Brazzaville, l’autorisation d’ouverture accordée à la société Propharma par le ministère de la Santé et de la Population, malgré le refus préalable d’agrément opposé à cette structure, estimant que la procédure réglementaire n’a pas été respectée.
Lors d’une conférence de presse, le président de l’Onpc, le Dr Jagger Mpandzo, a indiqué que l’agrément de Propharma avait été refusé le 2 juillet 2025, après examen de son dossier. Toutefois, le ministère de la Santé et de la Population lui a accordé une autorisation d’ouverture le 7 juillet de la même année, sans en transmettre copie à l’Ordre.
Selon lui, cette décision soulève des interrogations sur le respect de la procédure légale d’ouverture des établissements pharmaceutiques et sur les prérogatives de l’Ordre en matière de contrôle de l’accès à la profession.
Le Conseil national de l’Ordre a notamment estimé que la structure de gouvernance de Propharma et la répartition de son capital social ne satisfont pas aux exigences réglementaires applicables aux établissements pharmaceutiques de distribution en gros. Il a relevé, entre autres, l’absence de garanties attestant que les fonctions dirigeantes et la majorité du capital sont détenues par des pharmaciens inscrits à l’Ordre.
« Nous demandons le respect de la loi n°012-92 du 29 avril 1992, notamment de ses dispositions relatives aux missions de l’Ordre et à la procédure d’octroi d’une autorisation d’ouverture des établissements pharmaceutiques, en particulier l’article 26, que nous estimons pertinent pour apprécier le non-respect de la procédure suivie dans le dossier Propharma », a déclaré le président de l’Onpc. Il a précisé que l’Ordre ne s’oppose pas à l’installation de cette société, à condition qu’elle se conforme aux textes en vigueur en République du Congo.

Face à cette situation, le Conseil national affirme avoir saisi l’Inspection générale de la Santé le 30 mars 2026 afin d’obtenir des éclaircissements. Il a ensuite adressé, le 1er juillet 2026, un recours gracieux au ministre de la Santé et de la Population, sollicitant le retrait administratif de l’autorisation accordée à Propharma.
En l’absence de réponse à ces démarches, l’Ordre entend saisir la chambre administrative de la Cour suprême pour demander l’annulation de cette autorisation.À cette occasion, le Dr Mpandzo a également appelé les pharmaciens à la vigilance dans leurs relations commerciales avec les fournisseurs de médicaments. Il a souligné que la conformité réglementaire des structures de distribution constitue une garantie pour la sécurité du circuit pharmaceutique. « La sécurité du médicament est un enjeu qui dépasse les intérêts particuliers », a-t-il insisté.
Les règles prévues par la loi doivent être appliquées avec rigueur, impartialité et transparence. La démarche de l’Ordre vise à préserver la santé publique, le respect de la loi et la responsabilité institutionnelle, a ajouté le Dr Mpandzo.
Le Conseil national de l’Ordre a enfin réaffirmé sa disponibilité à réexaminer le dossier de Propharma si cette société prend les mesures nécessaires pour se conformer aux exigences légales et réglementaires en vigueur. (ACI)

