Brazzaville, 28 Oct (ACI) – Le coût élevé des examens médicaux et des médicaments anticancéreux constitue un obstacle majeur à la prise en charge des malades, a souligné , le 27 octobre, la cheffe du service de cancérologie du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (Chu-B), le Pr Judith Nsonde Malanda.
Dans une interview accordée à l’ACI, en marge de la campagne de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, elle a signifié que les difficultés financières exposent les patientes à l’interruption de leur traitement, compromettant ainsi leurs chances de guérison.
Selon la spécialiste, 60 à 65 % des patientes atteintes d’un cancer du sein ou du col de l’utérus au Congo n’achèvent pas leur traitement faute de moyens financiers.
« Ce matin, j’ai revu une malade que j’avais vue il y a six mois. On lui avait demandé un scanner. Elle n’a pas pu le faire. Elle est revenue aujourd’hui au stade 4 », a-t-elle confié.
Le coût des soins reste particulièrement élevé. Le traitement le moins cher revient à 300 mille FCfa toutes les trois semaines, tandis que certaines cures atteignent 1,5 million, voire 2,5 millions de FCfa. Ces dépenses répétées rendent le suivi difficile pour de nombreuses familles.
Une partie des soins bénéficie néanmoins d’un dispositif de gratuité. Certains médicaments hormonodépendants sont ainsi fournis gratuitement aux femmes ménopausées. En revanche, les bilans d’extension, les scanners et les analyses médicales restent à la charge des patientes.
Face à ces difficultés, le Pr Nsonde Malanda a annoncé que des démarches sont en cours auprès du gouvernement pour obtenir davantage de médicaments et élargir la prise en charge. Elle a également appelé à la solidarité nationale, estimant que l’État ne peut agir seul. Elle invite ainsi les pouvoirs publics, les entreprises, à travers leur responsabilité sociétale, et les organisations de la société civile à unir leurs efforts.
« Le cancer ne choisit pas ses victimes en fonction de leur portefeuille », a-t-elle rappelé.
La spécialiste a précisé que chaque cancer et chaque stade de la maladie nécessitent un traitement adapté, reposant sur trois principaux volets : la chirurgie pour retirer la tumeur, les médicaments anticancéreux et la radiothérapie.
Ce dernier volet fait encore défaut au Congo. Le futur centre de radiothérapie du Chu-B représente ainsi un espoir pour améliorer les soins sur place et réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger, qui imposent souvent de lourdes dépenses aux familles. (ACI/Merleine Bourangon)

