Brazzaville, 30 Mai (ACI) – Le Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (Bad) a approuvé le 29 mai dernier à Brazzaville, la feuille de route de la mise en œuvre des « quatre points cardinaux » de la nouvelle architecture financière africaine de développement du continent, au terme des Assemblées annuelles 2026 de l’institution.
Présentée par la nouvelle présidence du Groupe de la Bad, cette orientation stratégique vise à accélérer la transformation structurelle des économies africaines et à renforcer les mécanismes de financement du développement sur le continent.
Lors de la conférence de presse de clôture des travaux, le président du Groupe de la Bad, Sidi Ould Tah, a salué cette décision qu’il a qualifiée d’avancée déterminante pour l’avenir économique de l’Afrique. Il a souligné la nécessité d’une action concertée entre l’institution et ses États membres afin d’accroître l’efficacité des politiques de développement.
Le responsable a notamment appelé les gouvernements africains à renforcer leurs investissements dans la formation des jeunes, le développement des petites entreprises et la transformation locale des matières premières.
Selon lui, ces priorités constituent des leviers essentiels pour valoriser le dividende démographique du continent et promouvoir une croissance inclusive et durable.
Réaffirmant l’engagement de la Bad à accompagner les États membres, Sidi Ould Tah a indiqué que l’institution poursuivra son soutien au renforcement de la formation technique et professionnelle, à l’enseignement des métiers ainsi qu’au développement des micros, petites et moyennes entreprises (Mpme), en particulier celles portées par les femmes et les jeunes.
Il a également insisté sur l’importance d’accélérer la transition du secteur informel vers une économie plus structurée, estimant que la digitalisation représente un outil majeur de modernisation, de compétitivité et de création d’emplois.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la montée du protectionnisme, M. Ould Tah a plaidé pour une réorientation des économies africaines vers la transformation locale des ressources naturelles.
« Il ne s’agit plus d’exporter les ressources africaines à l’état brut, mais de les transformer sur le continent », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation accrue des investissements privés et à la mise en place de mécanismes de réduction des risques afin de faciliter les financements à grande échelle.
Pour illustrer cet enjeu, il a cité l’exemple de la bauxite, exportée à faible valeur avant d’être réimportée sous forme d’aluminium à des coûts nettement plus élevés, privant ainsi les économies africaines d’une part importante de la valeur ajoutée générée par leur transformation. (ACI)

