Brazzaville, 30 Mai (ACI) – Le Premier ministre congolais, M. Anatole Collinet Makosso, a souligné le 29 mai à Brazzaville, la nécessité pour les pays africains de renforcer la mobilisation des ressources intérieures afin d’attirer des investissements alignés sur les priorités stratégiques du continent.
S’exprimant à la clôture des travaux des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad), il a indiqué que les échanges tenus au cours de ces assises ont mis en évidence l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de mieux valoriser ses richesses et de consolider ses marchés financiers afin de soutenir davantage le secteur privé.
Selon lui, ces assises ont également démontré que le financement du développement de l’Afrique ne serait être dissocié de la qualité des projets, de l’exigence de bonnes gouvernances, du sens de responsabilités ainsi que de la confiance entre les différents acteurs du développement.
Au-delà des questions de financement, M. Makosso a relevé que les enjeux liés au développement du continent portent notamment sur l’accès à l’énergie, le développement des infrastructures, la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation, l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes ainsi que l’amélioration durable des conditions de vie des populations.
« Nous avons ausculté ensemble les paradoxes de notre continent, notamment sur le déficit de financement de 400 milliards de dollars pour le développement des infrastructures face au 4 mille milliards de notre épargne dormante qui nous faut nécessairement mobiliser », a-t-il indiqué.
Il a, à cet effet, rappelé que la Bad, partenaire stratégique de premier plan pour les États africains, est appelé à renforcer son soutien dans la mobilisation des ressources, la structuration des projets, l’intégration régionale, la sécurité alimentaire, la transition énergétique, l’industrialisation et la résilience climatique.
Pour le chef du gouvernement congolais, les réflexions engagées à Brazzaville doivent désormais se traduire en orientations stratégiques, en décisions concrètes et en actions capables d’améliorer les conditions de vie des populations africaines. « C’est à cette condition que le financement du développement deviendra un véritable levier de souveraineté et de prospérité partagée.», a-t-il estimé.
Evoquant le triptyque « confiance, rapprochement et courage », mis en avant lors du panel présidentiel d’ouverture, M. Makosso a indiqué que la confiance repose sur la capacité des Africains à croire en leurs institutions, en leurs banques et en la capacité de leurs États à garantir des investissements sécurisés.
Concernant le rapprochement, il a déploré les effets de la fragmentation du continent, qu’il considère comme un frein majeur au développement. Il a appelé les États africains à mutualiser leurs expertises, harmoniser leurs cadres juridiques et renforcer les échanges entre institutions afin de parler d’une seule voix.
S’agissant du courage, le Premier ministre a exhorté les pays africains à transformer localement leurs matières premières, à industrialiser les chaînes de valeur et à promouvoir une architecture financière internationale plus juste, plus représentative et davantage adaptée aux réalités du continent. (ACI)

