Pointe-Noire, 20 Août (ACI) – Le Commissaire en charge du département des politiques économique, monétaire et financière (Dpemf) de la commission de la Cémac, M. Nicolas Beyeme Nguema, a souligné, le 19 août à Pointe-Noire, la préoccupation de cette institution régionale sur la question de l’emploi des jeunes.
Dans son mot d’ouverture du 1er atelier régional de renforcement des capacités des pays membres de la Cémac sur la production des statistiques du travail, alignées aux derniers standards internationaux, il a déclaré que les analyses récentes sur la sous-région interpellent.
«Malgré les progrès enregistrés dans plusieurs pays, notre croissance demeure dépendante des hydrocarbures, des industries extractives et d’activités à forte intensité capitalistique. Elle ne se transforme pas suffisamment en emplois. Plus de 65 % des emplois de la Cémac relèvent encore de l’économie informelle, et le chômage régional demeure élevé », a-t-il fait savoir.
« Plus préoccupant, nombreux de nos jeunes sont sans emploi, sans formation ou en dehors du système éducatif», a poursuivi M. Beyeme Nguema, avant de décortiquer la situation de chaque pays membre.
Au Cameroun, le dynamisme entrepreneurial est réel, mais une grande partie des jeunes exerce dans l’informel, des activités à faible productivité avec une protection sociale limitée. Par contre, en République centrafricaine (Rca), la question de l’emploi des jeunes est indissociable de la consolidation de la paix, reconstruction économique et du renforcement de la cohésion sociale.
En République du Congo, les données disponibles mettent en évidence un chômage élevé des jeunes ainsi qu’une très forte présence de l’emploi informel. Alors qu’au Gabon, malgré un niveau d’urbanisation élevé et d’importantes ressources naturelles, le chômage reste l’un des plus élevés de la sous-région.
En Guinée Equatoriale, le recul progressif de la production d’hydrocarbures rend encore plus urgente la construction d’un nouveau modèle de croissance. Quant au Tchad, la forte croissance démographique, l’importance du monde rural, les besoins considérables en éducation et formation, et la vulnérabilité d’une partie de la jeunesse, accentuent la pression sur le marché du travail.
Pour M. Nguema, une communauté qui veut construire un marché commun ne peut durablement accepter que sa jeunesse demeure en marge des opportunités créées par ledit marché.
« L’emploi des jeunes doit être placé au cœur de l’ambition communautaire, notamment dans la diversification économique, la libre circulation, le développement des compétences entrepreneuriales, dans l’industrialisation, de la transformation numérique et la valorisation des chaînes de valeur agricoles, forestières, minières et de services », a poursuivi le commissaire. (ACI)

