Brazzaville, 09 Juil (ACI) – Les participants à l’atelier sur la lutte contre la maladie à virus Ebola ont recommandé, le 8 juillet à Brazzaville, aux pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) de renforcer les contrôles aux frontières, afin de prévenir la propagation de cette maladie dans la sous-région.
Réunis à Brazzaville du 6 au 8 juillet, experts de santé publique, responsables des points d’entrée, partenaires techniques et représentants des six États membres ont arrêté une série de recommandations destinées à renforcer la vigilance régionale face à la résurgence de l’épidémie en République démocratique du Congo (Rdc) et en Ouganda.
Parmi ces recommandations figurent, le renforcement des contrôles sanitaires dans les aéroports, les ports et les postes frontaliers, l’amélioration des capacités des laboratoires. Il s’agit également du développement des systèmes de surveillance épidémiologique, l’harmonisation des protocoles d’intervention ainsi qu’une coopération transfrontalière plus étroite entre les États membres.
Les experts ont aussi insisté sur la nécessité de mettre en place des outils communs pour faciliter le partage des données sanitaires et accélérer les mécanismes d’alerte précoce. Selon eux la standardisation des procédures permettra aux équipes de terrain d’intervenir plus rapidement en cas d’urgence sanitaire, sans être confrontées à des obstacles administratifs.
S’inscrivant dans la mise en œuvre de la feuille de route régionale adoptée le 13 juin dernier par les ministres de la Santé de l’Union économique de l’Afrique centrale (Ueac), cet atelier a pêrmis de coordonner les stratégies de prévention, d’harmoniser les procédures d’intervention et de préparer les pays membres à une éventuelle importation du virus.
À l’issue de ces travaux, le commissaire de la Cemac, chargé du département de l’Éducation, de la recherche et du développement social, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance, M. Fulgence Likassi-Bokamba, a indiqué que cette réunion marque une nouvelle étape dans la riposte régionale.
Il a souligné qu’après l’adoption de la feuille de route, les Etats doivent maintenant passer à la phase de mise en œuvre grâce au financement prévue estimé à près de 1,17 milliard de francs CFA pour financer les actions prioritaires entre juin et décembre 2026.
Au cours de cet atelier, les participants ont évalué également les dispositifs de surveillance sanitaire aux postes frontaliers terrestres, fluviaux et aériens, tout en tirant les enseignements de l’expérience de la Rdc, principal foyer de l’épidémie avec plus de 98 % des cas recensés dans la région. Les experts ont signifié que la détection précoce des cas, la rapidité de la prise en charge et la mobilisation des communautés demeurent les piliers d’une riposte efficace.
Intervenant à cette occasion, le conseiller du ministre de la santé et de la population de la Rdc, M. Fabrice Kankolongo a rappelé que les crises sanitaires successives, notamment Ebola, la Covid-19, la variole du singe et le choléra, ont démontré que l’anticipation demeure le meilleur rempart contre les épidémies. Il a exhorté les États membres à traduire rapidement les recommandations en actions concrètes, afin de renforcer durablement la sécurité sanitaire de l’Afrique centrale.
A travers cette initiative, la Cemac entend renforcer la surveillance afin de limiter les risques de propagation d’Ebola dans un espace marqué par d’importants flux de populations et d’échanges transfrontaliers. (ACI)

