BRAZZAVILLE, 25 SEPT (ACI) – Le Coordonnateur général du Consortium panafricain pour la paix (Cpp), Dr Ernest Nounga Djomo, a plaidé, le 24 septembre à Niamey, pour la criminalisation du colonialisme, l’octroi de réparations aux pays africains victimes de spoliations, en vue de stopper le flux migratoires des Africains vers l’Europe, souvent confrontés de nouvelles formes d’exploitation.
S’exprimant lors de la session de la Commission provisoire de réflexion sur la crise migratoire, le Dr Nounga Djomo a estimé que la reconnaissance du crime coloniale va permettre d’éviter une nouvelle forme de colonisation.
« L’Afrique mérite une indemnité en compensation des préjudices subis par les États colonisés », a-t-il déclaré, soulignant que juger et criminaliser les pays responsables du colonialisme permettra d’obtenir la réparation des dégâts causés.
Selon lui, ces réparations devraient contribuer à la mise en place de politiques d’insertion des jeunes diplômés, ainsi qu’au soutien de l’innovation et de l’entrepreneuriat, afin de s’attaquer aux causes profondes des migrations.
Le Coordonnateur général du Cpp a également souligné que le chômage et la pauvreté, hérités du colonialisme, figurent parmi les principaux facteurs de départ des Africains vers l’Europe. Il a dénoncé les conditions de vulnérabilité et d’exploitation auxquelles sont confrontés de nombreux migrants sur les routes migratoires.
A cet effet, il a interpellé la conscience africaine et internationale sur l’ampleur de la crise migratoire et ses racines historiques. « Pourquoi les Africains vont-ils en Europe ? Pourquoi les jeunes fuient-ils leur continent ? C’est parce que l’histoire coloniale a dépouillé nos peuples de leurs richesses. Aujourd’hui, une nouvelle génération part à la recherche de ce qui lui a été pris », a-t-il affirmé.
M. Nounga Djomo a également salué le rôle du Grand Imam et de l’Archevêque de Niamey, appelant les leaders religieux à soutenir cette dynamique panafricaine de paix et de solidarité.
La rencontre de Niamey qui a réuni les représentants du gouvernement, corps diplomatique, société civile, partenaires techniques et financiers ainsi que les responsables religieux, marque le lancement d’un processus de concertation panafricaine sur les causes et conséquences des migrations irrégulières. Elle doit être suivie, dans les mois à venir, de consultations internationales visant à proposer des réponses concertées et africaines à cette crise. (ACI)

