Brazzaville, 20 Mai (ACI) – Les taux d’incidence du cancer du col de l’utérus en Afrique demeurent près de deux fois supérieurs à la moyenne mondiale, selon le dossier de données 2026 de Organisation mondiale de la santé (Oms) consacré au virus du papillome humain (Vph) dans la région africaine.
Dans ce rapport, l’Oms souligne que, malgré les progrès réalisés dans l’introduction du vaccin contre le Vph dans plusieurs pays africains, le cancer du col de l’utérus reste l’un des principaux défis de santé publique sur le continent.
Le cancer du col de l’utérus constitue la 2e maladie, la plus fréquente chez les femmes africaines, avec une mortalité encore élevée en raison des difficultés d’accès au dépistage précoce et aux traitements adaptés.
L’organisation rappelle que plus de 95 % des cas de cancer du col de l’utérus sont liés à une infection persistante au Vph, faisant de la vaccination des jeunes filles, un outil essentiel de prévention.
Le rapport met toutefois en avant des avancées importantes enregistrées ces dernières années dans la lutte contre cette pathologie. 36 des 47 États membres de la Région africaine de l’Oms ont déjà introduit le vaccin contre le Vph au cours des 14 dernières années, avec une accélération notable depuis l’appel à l’action lancé par l’organisation en 2018.
Selon l’Oms, 11 autres pays africains envisagent d’introduire ce vaccin d’ici à 2029. L’institution relève néanmoins la persistance d’importantes disparités en matière de couverture vaccinale et d’accès équitable aux services de prévention et de soins.
Afin de consolider les efforts engagés, l’organisation recommande notamment le renforcement des systèmes de collecte et de suivi des données sanitaires, l’amélioration de la planification et de la mise en œuvre des programmes de vaccination des adolescents, ainsi que l’élargissement de l’accès au dépistage et au traitement des lésions précancéreuses et des cancers du col de l’utérus.
Elle réaffirme également son ambition d’atteindre les objectifs mondiaux dits « 90-70-90 », qui visent à vacciner 90 % des filles avant l’âge de 15 ans, à dépister 70 % des femmes grâce à des tests de haute performance entre 35 et 45 ans, puis à assurer un traitement approprié à 90 % des femmes présentant des lésions précancéreuses ou un cancer du col de l’utérus.
Grâce à l’adoption progressive du schéma vaccinal à dose unique contre le Vph et à la mobilisation croissante des États africains ainsi que des partenaires internationaux, l’Oms estime que l’élimination du cancer du col de l’utérus dans la région constitue désormais un objectif réalisable à long terme.
Le chef d’équipe du Programme de prévention des maladies évitables par la vaccination au Bureau régional de l’Oms pour l’Afrique, Akpaka A. Kalu, a salué l’engagement des États membres, des partenaires et des donateurs dans la mise en œuvre de cette stratégie sanitaire commune.(ACI)

