Congo/Agriculture : Vers la réglementation des filières cacao et café  

BRAZZAVILLE, 15 JUIN (ACI) – Le Congo va se doter d’un cadre réglementaire structuré des filières cacao et café en vue d’améliorer leur performance, garantir la légalité, la régularité et la qualité des opérations d’appui à la production et aux producteurs.

Au cours d’un atelier organisé du 14 au 15 juin à Brazzaville, par le Projet d’appui à la relance du secteur agricole (Parsa), sur les textes devant régir les filières cacao et café au Congo, les acteurs du secteur agricole et la société civile ont examiné et relu les huit textes réglementaires en cours de préparation.

Cette règlementation va permettre au Congo de superviser la commercialisation du cacao et du café d’amont en aval, ainsi que l’accroissement et la redistribution des moyens tant pour le financement des activités des producteurs que de leurs communautés pour la durabilité du secteur cacao et café au Congo.

A cette occasion, le coordonnateur national principal du Parsa, M. Ambroise Loufouma, a rappelé que l’une des missions principales de ce projet est de consolider le cadre réglementaire des filières cacao et café. Pour ce faire, le Parsa a pointé une série de huit textes à mettre en circulation à différents stades du processus d’adoption ou de signature, a-t-il expliqué.

Parmi les textes à examiner on note, entre autres, l’avant-projet de loi créant l’Autorité de régulation des filières cacao et café (Arfcc), ceux fixant les modalités d’agrément de projet de certification, réglementant les activités d’entreposage et celui de l’appui à la production, le conditionnement, la commercialisation et la transformation du cacao et du café.

A cela s’ajoutent les textes non élaborés car suspendus à la mission court terme sur l’appui à l’appropriation des procédures standards opérationnel de la gestion des ressources phylogénétiques et l’arrêté sur la gestion des ressources phylogénétiques.

En dépit des chiffres officiels encourageants publiés par l’Organisation internationale du cacao (Icco, 2022) présentant une moyenne de 8 mille tonnes par an pour le Congo, la filière est caractérisée par le mauvais état des exploitations et l’absence d’un mécanisme efficace d’appui-conseil et d’assistance technique dans les départements de la Sangha, de la Likouala et de la Cuvette.

De même, l’envahissement du secteur par des opérateurs informels compromet le contrôle, la taxation et la certification des produits, empêchant ainsi le financement du secteur par l’État.

De son côté, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, M.  Pascal Robin Ongoka a souligné l’urgence de doter ce secteur d’une autorité de régulation des filières cacao et café, devant être un établissement public à caractère administratif avec personnalité morale et autonomie financière.

Cette nouvelle entité sera chargée de traiter toutes les questions spécifiques à ces filières et de garantir une régulation efficace. Elle devra, également, maintenir une concertation permanente avec les acteurs non étatiques pour une gestion optimale desdites filières.

« À travers la création de cette autorité, le Congo, comme bien d’autres pays producteurs tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria, entend s’approprier les standards internationaux de durabilité en matière de gestion du cacao et du café au profit des producteurs », a déclaré M. Ongoka.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Parsa, soutenu par une convention entre l’Agence française de développement (Afd) et le gouvernement congolais, signée en novembre 2018. L’objectif est de renforcer la production cacaoyère durable au Nord-Congo et de limiter les impacts environnementaux négatifs. (ACI/Marlyce Tchibinda Batchi)

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