Congo/Climat : Mise en lumière des savoirs endogènes utiles à l’adaptation agricole

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Photo de famille

Brazzaville, 20 sept (ACI) – Le Programme alimentaire mondial (Pam) et le ministère de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo ont organisé, le 18 septembre à Brazzaville, un atelier de restitution sur le «diagnostic de la vulnérabilité et de la résilience des cultures et savoirs endogènes pour une solution locale d’adaptation au changement climatique».

Réalisée par le Centre africain d’études et de recherche pour le développement (Caerd), l’étude a concerné les départements de la Likouala, de la Sangha et de la Bouenza. Elle a aussi permis d’évaluer la vulnérabilité du secteur agricole et de mettre en lumière les savoirs traditionnels utiles à l’adaptation, notamment autour des cultures de soja, manioc, arachide, maïs et banane.

L’atelier visait à partager et valider les résultats de l’étude, à recueillir les observations des parties prenantes et à définir des options d’adaptation prioritaires. Il a aussi permis de renforcer l’appropriation collective des recommandations et de convenir des prochaines étapes pour améliorer la résilience des communautés locales face aux effets du climat.

Le rapport présenté souligne que certaines zones sont particulièrement exposées à un risque climatique élevé et présentent un faible niveau socio-économique, traduisant ainsi une vulnérabilité chronique.

«La Likouala est marquée par une forte variabilité hydrique. Un appui technique adapté aux dynamiques locales pourrait y renforcer significativement la résilience des communautés rurales. La Sangha, quant à elle, dispose d’atouts agricoles et forestiers, mais reste confrontée à l’isolement et à l’instabilité climatique », souligne le rapport.

L’activation des savoirs endogènes, combinée à un accompagnement de proximité, améliorerait durablement la sécurité locale. La Bouenza, en revanche, affiche un fort potentiel de résilience grâce à la diversité de ses pratiques agricoles et à son accès relativement aisé aux marchés. Il importe donc d’y consolider les savoirs locaux et de faciliter l’accès à des technologies durables.

Dans l’ensemble, la comparaison des trois départements met en évidence la nécessité d’investissements ciblés dans les infrastructures agricoles, la formation des producteurs et l’accès aux intrants, afin d’améliorer durablement les performances du secteur.

Intervenant à cette occasion, la directrice générale du développement durable, Mme Olga Rosine Ossombi Mayela, a rappelé que face aux défis climatiques, il est indispensable de s’appuyer non seulement sur des approches scientifiques et techniques, mais aussi sur les savoirs traditionnels qui ont permis aux communautés de vivre en harmonie avec la nature pendant des générations.

De son côté, la chargée de programme climat du Pam, Mme Estelle Mikiema, a souligné que cet atelier vise à créer un espace d’échange et de co-construction autour des résultats de l’étude, afin d’enrichir les analyses et d’identifier collectivement des pistes d’action pertinentes pour renforcer la résilience des communautés dans les zones ciblées.

A travers ce projet, le Pam a réaffirmé son engagement aux côtés du gouvernement congolais pour accompagner les efforts d’adaptation au changement climatique, en mettant un accent particulier sur la sécurité alimentaire, la nutrition et la valorisation des solutions locales portées par les communautés elles-mêmes. (ACI)