Brazzaville, 13 Août (ACI) – L’économiste Firmin Kitsoro Kinzounza, a exprimé, le 12 août à Brazzaville, la nécessité pour l’État de recourir au financement alternatif et innovant, mis en place pour soutenir les pays sous-développés, afin d’atteindre les objectifs du développement durable (Odd).
Cette nécessité a été présentée lors de la 16e édition de la conférence-débat du Cercle de réflexion ” Le café du savoir ”.
Organisée sous le thème « Comment concilier l’endettement et le désendettement pour la création des richesses nationales par une stratégie d’industrialisation en République du Congo », cette rencontre a permis d’échanger sur les mécanismes à adopter afin que l’endettement n’entrave le développement du pays.
Dans son intervention, M. Kitsoro Kinzounza a indiqué que le Congo devrait développer l’industrialisation, les recettes fiscales et douanières, pour couvrir le fonctionnement de l’État. « Le problème fondamental du Congo n’est pas seulement la dette publique, mais la capacité de l’économie nationale à transformer les ressources financières et naturelles en productivité, en emplois décents et en richesses durables », a-t-il souligné.
Pour sortir de la crise, l’économiste a proposé de sortir de la logique où la dette sert à combler des déficits budgétaires pour adopter une logique où le financement sert à créer de nouvelles capacités de production.
A cet effet, il a indiqué que l’État devrait mettre en place un cycle de transformation économique, notamment sur la redevabilité budgétaire, la mobilisation des recettes, le financement alternatif et innovant, l’industrialisation ciblée. L’État développementaliste, a-t-il poursuivi, devrait faire accroître l’économie, en créant des richesses et des emplois, en ayant des recettes publiques accrues.

Pour réussir cette transition, M. Kinzounza a suggéré aux décideurs de définir une vision de long terme, à l’instar du modèle économique chinois, Coréen et Singapourien. L’adoption d’un nouveau modèle économique devra permettre de voter la loi de redevabilité et la nomination d’un vérificateur général, pour garantir l’argent emprunté.
A son avis, l’État devrait également accéder aux marchés financiers internationaux et aux fonds de solidarité mondial estimé à 50 mille milliards de dollars, en contournant les revendeurs d’argent habituels. Il doit aussi cibler des filières à gain rapide, tels que le calcaire pour produire le ciment, des engrais, la transformation de la tomate et du bois, afin d’améliorer des recettes et renforcer la mobilisation fiscale et douanière, pour couvrir les dépenses courantes sans emprunter.
À cette occasion, le président du Cercle de réflexion ” Le café du savoir ”, le Dr Serges Ikiemi, a rappelé que le thème de cette édition pose le problème fondamental de la politique économique, à savoir ” Comment un Etat peut-il utiliser l’endettement comme levier pour investir et créer de la richesse, tout en évitant que la dette ne devienne un frein au développement’’, a-t-il expliqué.
Selon lui, l’endettement devrait permettre de financer les infrastructures énergétique, logistiques et productives, les usines, la chaîne de transformation agricole, capable de générer des revenus futurs. (ACI)

