Brazzaville, 15 Juillet (ACI) – Le ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, M. Aimé Ange Wilfrid Bininga, a lancé, le 14 juillet à Brazzaville, le projet « Accès à la justice des femmes et des personnes vulnérables », destiné à rapprocher les services de justice des populations les plus fragiles.
Le projet initié par l’Association des femmes juristes du Congo (Afjc) en partenariat avec le Pnud, prévoit l’implantation de cliniques juridiques communautaires dans les arrondissements de Brazzaville ainsi que dans les villes de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Owando et Ouesso.
Le but de ce projet est d’offrir des services d’écoute, d’information, d’orientation et d’assistance juridique, principalement aux femmes victimes de violences, d’injustices ou de discriminations.
Ravi du lancement de ce projet, M. Bininga a rappelé que l’accès à la justice constitue l’un des piliers essentiels de l’État de droit, soulignant qu’il n’est pas un privilège réservé à quelques-uns, mais un droit effectif pour chaque citoyen.
« Au-delà de l’assistance juridique, ce projet va servir de cadres de sensibilisation et d’éducation aux droits afin de prévenir les conflits, renforcer la cohésion sociale et promouvoir une culture des droits humains », a-t-il insisté.
Il a rappelé que le gouvernement poursuit ses efforts pour renforcer le cadre juridique de protection des droits humains, à travers un dispositif juridique consacré notamment la loi Mouebara sur la lutte contre les violences faites aux femmes, la loi portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap, la loi relative aux droits des peuples autochtones ainsi que celle portant protection de l’enfant.
Selon lui, ces réformes doivent désormais être accompagnées de mécanismes permettant aux citoyens de connaître leurs droits et d’y accéder effectivement.
Intervenant à cette occasion, la représentante résidente du Pnud au Congo, Mme Adama-Dian Barry, a souligné que, pour des millions de femmes dans le monde, le premier obstacle n’est pas l’absence de droit, mais l’impossibilité de faire valoir leurs droits.
« Garantir l’accès des femmes aux services de justice, c’est renforcer leur protection, favoriser leur participation à la vie publique et consolider la confiance des citoyens envers les politiques publiques », a-t-elle affirmé tout en réitérant son engagement à accompagner le Congo à travers la formation des acteurs judiciaires, la digitalisation de la justice et le développement de services de proximité.
La présidente de l’Association des femmes juristes du Congo, Mme Jocelyne Milandou, a, quant à lui, relevé que, malgré les avancées législatives, de nombreuses femmes continuent de faire face à des obstacles économiques, sociaux et culturels qui limitent leur accès à la justice.

« Ce projet contribuera au renforcement de la protection juridique des victimes. Notre ambition est de rapprocher la justice des citoyens les plus fragiles et de leur donner les outils juridiques nécessaires pour garantir une protection effective de leurs droits. Depuis 35 ans, l’Afjc œuvre à la promotion des droits des femmes et a contribué à plusieurs réformes législatives », a-t-elle déclaré.
Au niveau internationales, moins de 40 % des femmes victimes de violences signalent les faits, et une proportion encore plus faible engage des poursuites judiciaires, en raison notamment d’obstacles économiques, géographiques, sociaux et culturels, a-t-on noté.
Le projet sera déployé dans une première phase à Brazzaville avant d’être progressivement étendu à d’autres localités du pays. Il contribuera également à la promotion de l’égalité des sexes, à la protection des droits humains et à la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd) 5 et 16. (ACI)

