Brazzaville, 20 Sept (ACI) – Le Premier ministre, M. Anatole Collinet Makosso, a souligné le 17 septembre à Brazzaville, la nécessité de réviser les textes régissant les métiers de l’information, vingt-cinq ans après l’adoption de la loi n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication.
M. Makosso a exprimé cette nécessité lors de l’ouverture des travaux de la première édition du Salon de l’information, de la communication et des Médias (Sicom). Selon lui, ce texte mérite d’être regardé avec le recul nécessaire, à la lumière des transformations profondes que connaît aujourd’hui le secteur des médias.
A cette occasion, il a relevé que le paysage médiatique de 2001 n’est plus celui de 2026. Le journaliste d’aujourd’hui travaille avec une caméra, un téléphone, un ordinateur et des plateformes numériques permettant de diffuser une information en quelques secondes. Cette évolution, a-t-il dit, ouvre des possibilités considérables et crée de nouvelles responsabilités.
Le premier ministre a rappelé que l’article 25 de la Constitution du 25 octobre 2015 garantit la liberté d’information et de communication ainsi que le droit de chaque citoyen d’exprimer et de diffuser librement ses opinions dans le respect de la loi.
De même, le Conseil supérieur de la liberté de communication (Cslc), veille au pluralisme des médias et au respect des règles qui encadrent l’exercice de cette liberté. A son avis, ces garanties permettre aux professionnels des médias d’exercer leur mission dans un environnement où la liberté va de pair avec la responsabilité.
Il a précisé qu’à l’heure des réseaux sociaux, de la désinformation et de l’intelligence artificielle, cette exigence est devenue plus forte, soulignant que la vitesse de diffusion ne peut pas remplacer la vérification et que le nombre de vues ne peut pas non plus tenir lieu de crédibilité d’une information. Et l’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne saurait se substituer au jugement professionnel du journaliste.
« Notre enjeu est donc de faire en sorte que les médias congolais puissent prendre toute leur place dans cette nouvelle économie de l’information, tout en préservant les fondamentaux du métier », a déclaré M. Makosso.
A en croire le Chef du gouvernement, la formation des professionnels des médias, l’investissement dans les équipements, l’innovation, la production de contenus locaux ainsi que l’accompagnement des jeunes qui se destinent aux métiers de l’information et de la communication, permettent de préserver les fondamentaux de ce métier.
Par ailleurs, il a souhaité que le Sicom ne soit pas seulement un espace d’exposition ou une succession de conférences, mais un lieu de rencontres et de partage d’expériences entre professionnels et de confrontation des nouveaux outils aux réalités du métier.
« Il doit permettre aux jeunes de découvrir les métiers de l’information, de la communication et de l’audiovisuel, mais aussi aux professionnels de renforcer leurs compétences et d’explorer les nouvelles possibilités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle », a-t-il dit.
Ce salon, a-t-il conclu, devra contribuer à rapprocher les médias, les institutions, les écoles, les entreprises et les acteurs technologiques, appelant les participants à formuler recommandations et des réflexions concrètes sur l’avenir du paysage médiatique du pays.
Ces recommandations devront porter notamment sur la formation des professionnels, le financement de la presse, la modernisation des outils de production et l’adaptation de notre cadre juridique aux réalités nouvelles. (ACI)

