BRAZZAVILLE, 26 JUIN (ACI)- Le médecin-chef du district sanitaire de Makélékélé, le Dr Lypsia Bassissila, a déploré le 25 juin à Brazzaville, le comportement des bénéficiaires du 1er arrondissement de la capitale congolaise, dans l’utilisation abusive des produits nutritionnels destinés aux personnes souffrant de la malnutrition.
«Lors des visites surprises dans le ménage des bénéficiaires, on se rend compte que soit le nutriment est détourné, soit mal utilisé. Parfois, l’huile destinée à l’enrichissement des bouillies thérapeutiques est utilisée pour des besoins domestiques comme frire du poisson et la bouillie devient un aliment pour tout le ménage », a-t-elle souligné lors d’une ronde conjointe entre le Programme alimentaire mondial (Pam) et les jeunes issus de différentes organisations.
«En janvier 2025, près de 240 cas de malnutrition ont été dépistés, dont 111 totalement guéris après un mois de traitement », a-t-on précisé lors de cette visite qui intervient dans le cadre des célébrations des 80 ans des Nations Unies.
A cela, s’ajoute les cas de revente frauduleuse de nutriments thérapeutiques dans certains quartiers, entraînant la suspension temporaire de programmes dans des zones à forte prévalence de malnutrition. Selon le docteur, ces pratiques compromettent les résultats escomptés, regrettant le fait que «nous avons des non-répondants au traitement, des gens qui traînent à sortir du traitement au lieu de trois mois, la personne va au-delà».
Dans l’objectif de lutter contre la malnutrition, le district mise sur la sensibilisation communautaire. « Nous travaillons étroitement avec des relais communautaires formés pour faire du porte-à-porte, identifier les cas suspects et référer rapidement les enfants malnutris vers les centres de santé », a expliqué Dr Lipsia. Des stratégies avancées sont également mises en œuvre pour atteindre les quartiers les plus enclavés, tels que Menga ou Kinsundi.
Par ailleurs, elle a fait savoir que le centre serait sanctionné, par ricochet la population sera perdante si le Pam, en collaboration avec la hiérarchie, voit ces produits en vente sur la place publique. «La a été remontée. On a demandé aux intéressés de changer de commerce. Il est déjà arrivé qu’à cause de détournements ou de mauvaises utilisations des produits distribués, des quartiers entiers soient privés pendant plusieurs mois de prise en charge nutritionnelle », a déclaré le Dr Bassissila.
En effet, dans la dynamique des Objectifs de développement durable, notamment l’objectif 2 “Faim Zéro” à l’horizon 2030, le Pam s’inscrit à travers son mandat sur la lutte contre la malnutrition, intervient sur la malnutrition modérée, dans 183 centres de santé intégrés, répartis dans six départements du pays à savoir les Plateaux, le Pool, Brazzaville, Pointe-Noire, la Lékoumou et la Cuvette.
Cette visite a connu la participation des jeunes issus de l’Université Marien Ngouabi, de l’Institut des jeunes sourds, du Parlement des enfants, du Cercle de réflexion des jeunes des Nations unies, ainsi que d’artistes et d’acteurs de la société civile, vise le suivi des activités de prise en charge nutritionnelle des enfants et des femmes enceintes vulnérables.. (ACI/Marlyce Tchibinda Batchi)

