Diplomatie : Le Pnud souligne le rôle historique des conquêtes féminines et de l’héritage des pionnières

A l’occasion de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie, célébrée chaque 24 juin, la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au Congo, Adama-Dian Barry, a souligné le rôle historique, souvent invisible, des icônes féminines dans les conquêtes sociales et politiques.

Parmi les figures emblématiques citées il y a Jeanne Martin Cissé, première femme à avoir présidé le Conseil de sécurité des Nations unies dans les années 1970, et ancienne secrétaire générale de l’Union panafricaine des femmes ; Ellen Johnson Sirleaf, ex-Présidente du Liberia et première femme élue démocratiquement à la tête d’un État africain ; ou encore Netumbo Nandi-Ndaitwah, actuelle Présidente de la Namibie.

Lors d’une interview accordée à l’Aci dans le cadre de cette commémoration, la représentante résidente du Pnud au Congo, a indiqué que cette Journée permet également de rendre hommage à ces femmes qui ont toujours joué un rôle actif dans les grands bouleversements de l’histoire, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.

« Derrière chaque conquête sociale, économique ou politique, il y a eu une femme, visible ou invisible. Ce sont des modèles qui prouvent que les femmes peuvent être aux avant-postes de la diplomatie mondiale. C’est une journée de célébration qui rappelle le long chemin parcouru par les femmes, les nombreuses victoires engrangées pour bâtir un monde plus juste, équitable, où chaque être humain trouve sa place », a-t-elle déclaré.

Des avancées, mais un combat toujours d’actualité

A cette occasion, la diplomate onusienne a salué les progrès réalisés ces dernières décennies. « Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus visibles. Elles prennent la parole, occupent des postes de premier plan. Ce sont des héritières, des chevalières d’autrefois, qui ont donné leur vie, leur force, leurs convictions », a-t-elle poursuivi.

Elle a rappelé l’importance de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui met en lumière le rôle central des femmes dans la paix et la sécurité. « Les femmes sont des médiatrices nées. Dans la diplomatie, elles incarnent la colombe de paix. Lorsqu’il y a crise, il y a un déficit de justice. Et pour restaurer cette justice, les femmes doivent participer activement au règlement pacifique des différends », a affirmé Adama-Dian Barry.

Parité et inclusion dans le multilatéralisme

Selon la diplomate onusienne, les femmes ne doivent plus être cantonnées aux marges des décisions. Elles doivent accéder aux fonctions de médiation, de négociation et d’écoute. Elles doivent être des championnes, des porteuses de paix. D’où l’urgence d’œuvrer pour un multilatéralisme inclusif qui place les femmes au cœur des réponses politiques et diplomatiques contemporaines. De ce fait, le thème de cette année, « Pour toutes les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation », a suscité une réaction de la diplomate, qui a lancé un appel à la mobilisation.

Des chiffres interpellent

La diplomate a souligné le déséquilibre persistant dans les sphères de décision. « L’égalité des sexes ne doit pas être perçue comme une faveur, mais comme une exigence de justice. Le monde peut continuer à fonctionner avec seulement 48% de ses forces en action. L’humanité est incomplète si une moitié reste à la traîne », a-t-elle insisté.

Avec seulement 17 femmes parmi environ 150 Chefs d’État dans le monde, Adama-Dian Barry appelle à accélérer les efforts pour garantir une vraie parité.  Tout en saluant les progrès depuis la Conférence de Beijing de 1995, elle a mis en lumière les obstacles persistants. « Quand les femmes ne sont pas autour des tables de décision, les solutions produites restent partielles. Le monde a besoin de l’intelligence et de la perspective féminines pour bâtir des réponses justes et inclusives », a-t-elle martelé.

Actions concrètes du Pnud au Congo

En poste en République du Congo depuis deux ans, Adama-Dian Barry, forte d’une carrière de 25 ans dont 23 au Pnud, se dit fière d’appartenir à un ‘’panel magnifique de femmes diplomates’’, mettant en lumière les liens de solidarité, de partage et d’intelligence collective qui les unissent. « Ce sont mes consœurs, mes amies, mes complices. Ensemble, nous contribuons à bâtir un monde meilleur », a-t-elle souhaité.

Le PNUD a appuyé l’accès des femmes à leurs droits en sensibilisant plus de 8.000 propriétaires des restaurants de rue, dont 1.000 ont adhéré à l’Assurance maladie universelle en 2024. Il emploie également 25 jeunes filles dans le cadre du programme Stagi, pour améliorer leur employabilité, et accompagne plus de 1.000 femmes entrepreneures avec le ministère en charge des Petites et moyennes entreprises.

La Représentante résidente du Pnud a salué la coopération avec le Congo, ayant permis d’impacter indirectement plus de 180.000 personnes en 2024 à travers des actions dans la santé, l’emploi, la gouvernance locale, l’environnement et l’accès à l’énergie.

De même, Adama-Dian Barry a honoré les efforts de la République du Congo en matière de promotion du leadership féminin, rappelant que le Président de la République, Denis Sassou-N’Guesso a reçu le Prix de la masculinité positive en 2023, décerné par le Réseau africain des femmes leaders (Awlean).

Par Marlyce Tchibinda Batchi

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