Au-delà d’une simple date, le 24 juin est consacré à la commémoration de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie. En sa troisième année de célébration, cette Journée commence peu à peu à mettre en lumière l’importance de la participation des femmes à la prise de grandes décisions mondiales.
Proclamée le 20 juin 2022 par l’Assemblée générale des Nations unies, elle est une occasion pour reconnaître les contributions des femmes dans la diplomatie et encourager leur participation accrue dans ce domaine. Bien que leurs contributions aient été souvent négligées, les femmes diplomates ont un rôle moteur dans le monde.
Grâce à un leadership inclusif, leurs voix dessinent un avenir prospère où la diplomatie reflète à la fois, les besoins et les droits de tous. De ce fait, la parité des sexes et le leadership égal des femmes sont donc des conditions fondamentales pour une diplomatie sûre, pacifique et durable pour tous.
Les statistiques de l’ONU montrent que sur les 850 délégués signataires de la Charte des Nations Unies en 1945, quatre seulement étaient des femmes. Outre cela, l’une des grandes réalisations des Nations Unies et du multilatéralisme a été l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, sous l’impulsion d’une femme.
Depuis l’adoption de cette Journée, la présence accrue des femmes diplomates dans les sphères décisionnelles a changé la donne, symbolisant ainsi une transformation cruciale. En réalité, avec de tels succès, la diplomatie est de plus en plus façonnée par des voix féminines diverses qui défendent la paix, la justice et l’égalité pour tous.
Nonobstant ces avancées, les obstacles systémiques, à savoir la discrimination, les stéréotypes de genre et la violence politique, continuent à exclure les femmes de la prise de décision à haut niveau. La diplomatie reste dominée par les hommes. Les pouvoirs diplomatiques, exercés par les dirigeants aux plus hauts niveaux de l’État, restent principalement détenus par des hommes, à l’instar des représentants des pays du G7 et du G20 qui sont, en majorité, des hommes.
Dans beaucoup de pays, la sphère des Affaires étrangères est dominée de manière disproportionnée par les hommes. D’après les statistiques publiées en 2023 par la vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, dans l’un de ses discours, les femmes ministres des Affaires étrangères ne détiennent que 25 % de ce type de portefeuille.
Au regard de ces obstacles systémiques, il faut qu’il y ait plus de femmes en diplomatie. Elles ne devraient plus être cantonnées aux marges des grandes décisions mondiales. Il est nécessaire de continuer à mettre en place des initiatives audacieuses, susceptibles de renforcer davantage leur positionnement dans la diplomatie.
Par Olga Rachelle Mangouandza





