L’ambassadrice de la République Arabe d’Egypte au Congo, Imane Yakout a reconnu au cours d’un entretien accordé à l’Aci, le progrès remarquable de son pays en matière des droits fondamentaux, avec une représentation au Parlement élevée à 25% en 2021, soit 162 sièges et la moitié de 5% des nominations relevant du Chef de l’Etat égyptien.
Ces progrès touchent également l’autonomisation de la femme avec la promulgation de nouvelles lois, lui permettant d’assumer des postes leaders au sein du gouvernement ainsi qu’au sein des autorités judiciaires, a noté la diplomate égyptienne dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie, célébrée le 24 juin de chaque année.
Dans cette logique, elle a rappelé les grandes héroïnes de l’histoire égyptienne. Parmi elles figuraient, Latifa Al Nady, première femme africaine à piloter un avion, et la seconde mondialement en 1935 ; Samira Moussa, une scientifique spécialisée dans le nucléaire, 1ère femme à obtenir un doctorat en radiation atomique de l’Université du Caire dans les années 1940 et 1952.
Hommage aux femmes pionnières
A cette liste s’ajoute, Safia Zaghlou, appelée “la mère des égyptiens” à cause de son rôle imminent dans la vie politique ; et a déployé un rôle dans l’indépendance de l’Egypte de la colonisation britannique. Elle avait également participé à la révolution de 1919 et Hekmat Abouzeid, première femme ministre des Affaires sociales en Egypte en 1962.
En ce qui concerne la femme diplomate, Hoda Al Marassy est la première. Née en 1939, elle a débuté sa carrière en 1964, et a assumé la fonction d’ambassadrice à Rome dans les années 90. D’autres exemples de succès égyptiens à l’instar du Dr Namira Negm, ambassadrice au Rwanda de 2014 à 2017. Conseillère Juridique /Légale au sein de l’Union africaine, elle était la première femme à assumer cette position de 2017 à 2022.
De 2022 jusqu’à ce jour, elle occupe le poste de directrice de l’Observatoire africain de l’Immigration ; elle fut membre de l’équipe juridique palestinienne devant la Cour Internationale. D’autre part, femme égyptienne avec les casques bleus a participé à la Mission de paix des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (la Monusco).
Tout au long de l’histoire, la femme égyptienne était au premier rang à assumer et à jouir des droits fondamentaux dans tous les domaines. Sur le plan politique, la reine Hatshepsut, l’épouse du Roi Thoutmosis II en 1550 avant J.C dans l’ancienne dynastie égyptienne, avait régné durant 22 ans. La Reine Cléopâtre VII, durant la période des Ptolémées, était une femme de pouvoir, intelligente et cultivée, qui maitrisait une dizaine de langues.

Citant un adage égyptien qui stipule « la femme est une école, si elle est bien formée et préparée, alors une bonne nation est formée », Imane Yakout a mis en évidence les progrès réalisés par son pays sur l’émancipation de la femme à tous les niveaux. Dans ce cadre, elle a estimé important de donner aux femmes des outils nécessaires, pour que ces dernières continuent à assurer leur rôle sur tous les plans.
Le 24 juin retrace la biographie des femmes dans la diplomatie
Selon la diplomate égyptienne, la journée du 24 juin évoque la carrière, les droits et la biographie des femmes, puis retrace leur contribution dans la diplomatie. C’est pourquoi, la thématique abordée cette année, donne aux femmes, l’espoir, la fierté, et les pousse à travailler en plus pour prouver qu’elles le peuvent.
Cette journée symbolise également la commémoration des progrès réalisés en matière d’égalité des sexes, la capacité pour la femme d’assurer plusieurs rôles et responsabilités avec un grand professionnalisme. Une contribution de la femme d’établir la paix mondiale, pour la prévention des conflits et la résolution des crises.
« Etant la moitié de la société, la femme au sein de la diplomatie sert à stabiliser et à promouvoir des relations entre les pays. Cela justifie la parité, l’égalité entre les sexes et le travail déployé pour dénoncer toute forme de discrimination basée sur le genre », a expliqué la représentante de l’Egypte au Congo.
La diplomate égyptienne évoque la coopération avec le Congo
S’agissant de la coopération entre la République du Congo et la République Arabe d’Egypte, des relations historiques de coopération datent depuis 1964, dans plusieurs domaines, notamment la défense, la culture, l’économie et l’énergie, a rappelé Imane Yakout.
Dans le domaine de la culture, la directrice du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, Belinda Ayessa, a effectué une visite en février 2025 en Egypte, en vue de renforcer les relations bilatérales à travers la mise en œuvre d’un accord de coopération. De même, les personnels des deux musées ont échangé sur les questions y relatives.
Diplomate aux Affaires étrangères égyptiennes depuis près de 23 ans, Mme Imane Yakout a servi en tant qu’ambassadrice en Islamabad entre les années 2003 et 2006. Elle a fait sa mission à Bruxelles de 2008-2012, à Malt, à Doha au Katar dans les années 2019-2022 puis au Congo.
Par Espérance Oko & Audrey Sounguika





