L’ambassadrice de la République du Venezuela en République du Congo, Laura Evangelia Suàrez, a reconnu, au cours d’une interview accordée à l’Agence congolaise d’Information (Aci), la contribution de la diplomatie des femmes dans la résolution des conflits mondiaux.
« La liberté de nombreuses Républiques latino-américaines a compté sur le courage des femmes sur les champs de bataille, tant dans les domaines domestiques que dans les combats corps à corps; et dans les efforts nécessaires pour la reconnaissance internationale des Républiques naissantes », a-t-elle souligné.
D’après la diplomate vénézuélienne, parmi de nombreuses femmes leaders en Afrique, défenseuses de la souveraineté et de la sécurité (panafricanistes, anticolonialistes, féministes et pacifistes), figure la Reine Ngalifourou ler, qui envoya en 1944 des troupes Tekés, pour combattre pendant la seconde guerre mondiale en faveur de la France, gagnant ainsi la reconnaissance européenne.
A cela s’ajoute, la Reine Nzinga du Ndongo du royaume de ‘’Ndongo’’, une femme qui a résisté pendant quatre décennies à la colonisation portugaise en Angola. Elle a laissé son empreinte à des célèbres réunions de négociation de paix avec le gouverneur portugais à Luanda en 1621 et 1657.
Au cours de cet entretien, la diplomate vénézuélienne a également mentionné Kimpa Vita, considérée comme la mère de la Révolution africaine du Royaume Kongo de l’Angola au Gabon, en passant par la République du Congo et la République démocratique du Congo. Défenseuse de l’identité africaine, à travers la diplomatie religieuse, elle a fondé un mouvement contre l’ethnicité négative de la négritude, défendant les valeurs traditionnelles d’émancipation contre la colonisation.
« A toutes ces femmes, ma grande gratitude et ma reconnaissance, y compris à ma directrice évoluant au Bureau pour l’Afrique du ministère des Affaires étrangères du Venezuela, l’ambassadrice, Olga Fonseca, qui a aidé une génération de jeunes diplomates à tomber amoureux du continent mère, l’Afrique », a-t-elle rendu hommage.
Les luttes sont des exemples de participation féminine à la diplomatie
Par ailleurs, Laura Evangelia Suàrez a expliqué que l’utilisation de tresses africaines est mise en avant pour tracer des chemins de liberté pour d’autres Africains asservis, et pour conserver des graines et de l’or pour la survie. Aujourd’hui encore, cette communauté est considérée comme matriarcale.
« Les luttes, elles-mêmes pour conquérir le droit d’être reconnues comme égales tout au long de l’histoire, sont des exemples de participation féminine à la diplomatie, ayant abouti à la reconnaissance des droits et des espaces conquis. Aujourd’hui, nous pouvons parler de la résistance des femmes palestiniennes qui accouchent, peinent et chantent suite à l’offensive israélienne dans la bande de Gaza », a-t-elle déclaré.
Outre cela, la diplomate vénézuélienne a parlé des femmes qui lèvent la voix à travers des manifestations artistique, religieuse et/ou politique pour dénoncer les violations de leurs droits humains et des groupes minoritaires en Haïti, en Afrique, au Yémen et ailleurs. A l’instar de ces femmes, les Vénézuéliennes se battent aussi pour libérer leurs compatriotes séquestrées au Salvador.
Il n’y a aucun aspect de la vie où la femme ne peut pas être
A cette occasion, elle a aussi évoqué la diplomatie de l’utérus qui a permis aux femmes des peuples autochtones d’Afrique et d’Amérique de donner naissance à de nouveaux peuples métissés, avec de nouveaux mélanges de sang et de nouvelles couleurs de peau. En rappel, le poste de vice-présidente exécutif, né avec la Constitution de 1999, a été occupé par deux femmes, à savoir Alina Bastidas Castillo en 2000, et actuellement par la Dre Delcy Rodríguez Gómez, qui a été la première et la seule femme ministre des Affaires étrangères.
« Il n’y a aucun aspect de la vie où la femme ne peut pas être. En ce sens, il faut continuer de mettre en place tous les espaces possibles pour sensibiliser, éduquer et informer de manière à favoriser en permanence les débats nécessaires à la promotion des droits des femmes », a estimé Laura Evangelia Suàrez.
Afin de favoriser davantage l’épanouissement des femmes dans la diplomatie, elle a appelé les pouvoirs publics à poursuivre l’examen, l’amélioration et la mise en œuvre de lois qui encouragent une plus grande participation des femmes aux espaces de pouvoir. Des lois et des réglementations qui permettent la promotion et la reconnaissance professionnelle féminine pour accéder à des postes de direction mérités.
Par Simone Mouaya

