Depuis sa création, l’Agence Congolaise d’Information (ACI) n’a pas seulement raconté l’histoire du Congo, elle l’a vécue, écrite à chaud et archivée. Pendant 65 ans, l’ACI a été le premier témoin, la première plume et la première voix des tournants majeurs de notre pays. L’évocation non exhaustive de ses empreintes au service de la nation parait un exercice des plus difficiles à assumer en raison non seulement de son omniprésence et du foisonnement des informations marquantes, couvrant ses six décennies et demie d’existence.
Les années de fondation et de rupture : 1960-1990
Dès l’indépendance, l’ACI devient le relais officiel de l’Etat, elle couvre les trois glorieuses journées d’août 1963. Trois jours qui renversent un régime et installent une nouvelle République. Les dépêches de cet évènement parties de l’Agence font le tour du pays.
En mars 1977, c’est encore l’ACI qui diffuse, le communiqué annonçant l’assassinat du Président Marien Ngouabi. Dans le deuil national, l’Agence assure la continuité de l’information officielle.
Un an plus tard, en février 1978, l’ACI retransmet les travaux du Congrès du Comité Central du Parti congolais du travail (PCT) qui élève le commandant Denis Sassou-N’Guesso à la tête de l’Etat. Le texte de l’Agence entre dans les annales de l’histoire de la presse nationale. Les passionnés de la lecture peuvent s’y abreuver dans les dépêches, archivées dans un bottin et disponible à la documentation.
Au plan économique, l’agenda historique de l’Agence regorge d’une kyrielle de dépêches sur la mise en œuvre des plusieurs projets liées aux deux Plans quinquennaux (1982-1986 et 1987-1991), notamment les infrastructures, la diversifier de l’économie, la moderniser de l’agriculture et l’industrie, ainsi que l’amélioration des transports, l’offre d’énergie et les services sociaux.
L’ouverture démocratique : 1991-1998
Avec la Conférence nationale souveraine de 1991, dont Mgr Ernest Kombo est élu président du présidium puis président du Conseil supérieur de la République, l’ACI change de rôle. Elle passe de porte-voix quasi unique à témoin pluraliste d’un paysage médiatique désormais libéralisé. Elle couvre les débats, les affrontements d’idées, les résolutions qui ouvrent la voie à la démocratie. Dorénavant, elle partage comme des autres médias d’Etat, l’espace médiatique avec plusieurs organes et journaux privés.
En 1992, l’Agence accompagne les premières élections démocratiques, en publiant les résultats bureau par bureau, le discours d’investiture du premier Président du retour à la démocratie, M. Pascal Lissouba, informant régulièrement le public sur les activités institutionnelles de la 10e République. Cette élection marque ainsi la fin d’une transition que l’ACI a accompagnée quotidiennement en informant régulièrement sur le processus du retour à la démocratie.
Le retour à la stabilité et le Congo du 21ème siècle : 1998-2026
En octobre 1998, l’ACI annonce le retour du Président Denis Sassou – N’Guesso au pouvoir et le début de la reconstruction nationale. Dès lors, l’Agence couvre tous les grands chantiers, entre autres, référendum constitutionnel de 2002 et 2015, élections présidentielle et législatives, processus de paix dans le Pool, 50e anniversaire de l’indépendance en 2010, jeux Africains de Brazzaville en 2015.
De 2000 à 2026, l’ACI est au cœur de chaque moment, notamment, les visites officielles, sommets et forums internationaux organisés à Brazzaville, lutte contre la Covid-19, les Conférences des Parties (COP), la diversification économique, digitalisation de l’Etat, politique sociale et jeunesse. Chaque communiqué, discours présidentiel, grande décision est avant tout traité sous forme de dépêches d’Agence. A ce titre, l’ACI incarne la fiabilité de l’information.
Plus qu’une Agence, une mémoire
Du texte au site web, de la photo noir et blanc à la vidéo en direct, l’ACI a traversé les technologies sans trahir sa mission, celle d’informer juste, vite et pour tous.
A 65 ans, l’Agence Congolaise d’Information reste ce carrefour, le lieu où le Congo se raconte à lui-même et au monde, car sans elle, point d’archives médiatiques et, sans archives, un pays perd ses repères.
Sosthène Euphrasie Milandou

