65 ans déjà, l’Agence Congolaise d’Information (ACI) est née à l’époque où l’information se transmettait en texte brut, sans image. Puis est venue la photo noir et blanc, timide collée à la dépêche. Ensuite la couleur et enfin la vidéo. Chaque étape a été une révolution qui a rapproché l’ACI de son public.
Aujourd’hui à l’ère du multimédia, l’information ne se lit plus seulement, elle se voit, elle s’écoute, elle se partage. Dans ce nouveau paysage, l’Agence a deux chemins devant elle.
Que gagne-t-elle à se moderniser ?
L’ACI gagne d’abord en crédibilité. Quand tout le monde publie, seul un média structuré peut garantir « l’image vérifiée, information officielle ». Elle gagne en portée. Une dépêche accompagnée d’une photo, d’une infographie ou d’une vidéo de 45 secondes touche dix fois plus de Congolais au pays et dans la diaspora.
Elle gagne en réactivité. Avec le mobile journalisme, ses correspondants des 12 départements peuvent faire vivre l’événement en temps réel. Enfin, l’Agence gagne en avenir. Le multimédia attire les jeunes, valorise les archives et ouvre des perspectives de valorisation.
Que perd-elle à rester en marge ?
Elle perd son public, surtout les moins de 35 ans. Elle perd sa place de « Voix officielle » au profit des canaux moins rigoureux, et cette dernière risque de voir 65 ans d’histoire s’effacer, faute d’archives numériques.
A 65 ans, l’ACI n’a pas à renier sa rigueur, à choisir entre tradition et modernité. Elle doit les marier en les armant avec les outils d’aujourd’hui. Garder l’exigence : vérifier, hiérarchiser, écrire propre et ajouter les outils qui consistent à former les journalistes au mobile-journalisme, équiper les rédactions, investir dans le développement des plateformes numériques performantes, la photo, la vidéo et les réseaux sociaux professionnels, bâtir une photothèque et une vidéothèque nationale.
Le multimédia n’est pas une option de luxe, c’est la condition pour que l’ACI continue de faire ce qu’elle fait depuis 65 ans, porter la voix du Congo, du village le plus reculé jusqu’au monde entier.
La mission reste la même, celle de porter la voix du Congo mais les moyens doivent changer.
Olga Rachelle Mangouandza

