Pointe-Noire, 14 Jan (ACI) – La ministre de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo, Mme Arlette Soudan-Nonault, a ordonné, le 10 janvier à Pointe-Noire, à la société Metssa Afrique de mettre en place un fonds d’urgence de 10 millions de Fcfa, afin de prendre en charge les habitants du quartier Vindoulou, victimes de pollution industrielle au plomb.
Lors d’une rencontre avec les populations de Vindoulou, Mme Soudan-Nonault a également demandé qu’une nouvelle enquête environnementale de l’air et du sol soit menée pour évaluer les risques liés à la pollution, notamment la contamination au plomb, et identifier des solutions durables.
Outre ces directives, elle a demandé la reprise des tests sanitaires sur un plus grand échantillon de la population et la mise en place d’un cadre de concertation tripartite entre les autorités publiques, l’entreprise et les représentants des habitants de ce quartier.
Les populations, quant à elles, ont salué cette décision du gouvernement visant à améliorer leur situation. « C’est le cadeau de Nouvel An que nous avons reçu, et nous en sommes fiers et reconnaissants », a déclaré M. Serge Mavoungou, habitant du quartier.

En effet, depuis 2011, les riverains de l’usine Metssa rencontrent des problèmes de santé liés à la fonderie de l’entreprise Metssa, notamment des difficultés respiratoires et des problèmes de vue, affectant pratiquement toutes les familles.
Elles ont également été victimes de dégâts matériels importants, tels que l’usure prématurée des toitures en tôle galvanisée que les fumées industrielles émanant de cette société ont endommagées. Plusieurs résidents avaient même envisagé de quitter le quartier en raison de la pollution, et certains ont déjà déménagé leur famille.
Parmi les victimes de cette société figurent également d’anciens travailleurs licenciés abusivement, sans indemnités ni documents officiels, après avoir falsifié les résultats des tests de la première enquête à la demande de leur employeur.
Selon les déclarations de l’un de ces anciens employés, M. Destin Mahoungou, les travailleurs ont été contraints de prendre des médicaments sans explication claire sur leur utilité avant les examens médicaux que l’entreprise a exigée.
Réagissant à cette question, le préfet du Kouilou, M. Adam Dibouilou, a indiqué que les autorités locales avaient commencé à mener des actions contre les entreprises ne respectant pas la loi.
La filiale congolaise du groupe basé à Dubaï, Metssa, spécialisée dans le recyclage des batteries, a suspendu totalement ses activités à Vindoulou depuis juin 2024, sur ordre de la ministre de l’Environnement, rappelle-t-on. (ACI/Berninie Dédé Massamba)

