Brazzaville, 31 Mars (ACI) – Le gynécologue-obstétricien et spécialiste de santé publique, Dr Darius Eryx Mbou Essié, a souligné le 28 mars à Brazzaville, la nécessité de renforcer les actions de prévention face à l’augmentation préoccupante des cas de cancer au Congo, en particulier celui du col de l’utérus.
S’exprimant lors d’un café sanitaire en présence d’autres spécialistes, il a indiqué que cette pathologie peut être prise en charge avec efficacité lorsqu’elle est détectée précocement. Les lésions précancéreuses peuvent alors être traitées à moindre coût, notamment par des techniques, telle que la cryothérapie ou la conisation
La cryothérapie ou la conisation est une intervention chirurgicale consistant à retirer un fragment en forme de cône de la partie externe du col utérin, a fait savoir M. Mbou Essié lors de ce café sanitaire inscrit dans le cadre des activités du mois de mars consacré à la promotion des droits des femmes.
A cette occasion, il a toutefois relevé que les infrastructures sanitaires ne permettent pas toujours d’assurer une prise en charge adéquate des formes avancées, dont le traitement reste coûteux.
A cet effet, les intervenants ont ainsi mis en avant le rôle central de la sensibilisation, appelant à une mobilisation conjointe des pouvoirs publics et de la société civile. Ils ont rappelé que la lutte contre le cancer repose également sur la responsabilité individuelle, notamment à travers l’adoption de comportements à moindre risque et le recours régulier au dépistage.
Parmi les facteurs favorisant le cancer du col de l’utérus figurent les rapports sexuels précoces, la multiplicité des partenaires et le non-recours aux examens de dépistage. Ces pratiques facilitent la transmission du papillomavirus humain (Hpv), principal agent responsable des lésions précancéreuses.
Les spécialistes ont également souligné que l’infection au Vih/sida peut accroître la vulnérabilité au Hpv et accélérer l’évolution vers des formes précancéreuses ou cancéreuses.
Les campagnes de prévention ciblent les femmes en priorité, en les invitant à effectuer, dès l’âge de 25 ans, des examens de dépistage réguliers, notamment le frottis cervico-utérin ou l’inspection visuelle du col de l’utérus, disponibles dans les structures de santé de base.
Selon eux, l’intégration des services de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses dans le panier de soins de la Caisse d’assurance maladie universelle constitue une avancée notable pour améliorer l’accès aux soins, en particulier pour les populations vulnérables.
Par ailleurs, l’introduction prochaine du vaccin contre le Hpv dans le Programme élargi de vaccination (Pev) devrait renforcer la prévention. Destiné aux adolescentes âgées de 12 à 14 ans, ce vaccin sera administré gratuitement grâce au financement de l’État.
Ils ont, en outre, reconnu que les actions de sensibilisation, sur le terrain, commencent à produire des résultats. Plusieurs participantes au café sanitaire ont fait état d’une meilleure compréhension des risques et des moyens de prévention, s’engageant à relayer ces informations au sein de leur entourage.
Les spécialistes contribuent ainsi à la formation des professionnels de santé et accompagnent les autorités dans l’élaboration de stratégies adaptées. Ils œuvrent également à la sensibilisation des communautés afin d’améliorer les connaissances sur les facteurs de risque et les moyens de prévention. (ACI)





